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La Thérapie Communautaire reprend!

Encadré par : l'hôpital Guillaume Regnier et l'équipe mobile mobile Précarité Psychiatrie de l'ENVOL.

Un mardi par mois, prochain atelier mardi 27 juin de 10h à 12h!!

Le groupe de thérapie communautaire voit le jour à destination des publics du CDAS, CCAS et Breizh Insertion Sport

Projet de l’EMPP de groupe de Thérapie Communautaire Intégrative Systémique (T.C.I.S)

Promouvoir la santé et le travail social communautaires fait partie des préoccupations actuelles du secteur médicosocial et rentre dans les missions des équipes mobiles psychiatrie précarité.

La circulaire du 23 novembre 2005 « relative a la mise en œuvre des EMPP et à la prise en charge des besoins en santé mentale des personnes en situation de précarité et d’exclusion » rappelle en effet « le principe général des actions en faveur des personnes en situation de précarité et d’exclusion dans les missions du droit commun au titre des missions de prévention, de réadaptation et de réinsertion sociale ». Elle précise notamment qu’un des rôles des EMPP est de « réintroduire la parole et l’écoute » en mettant en œuvre une palette d’actions dans laquelle « la prise en charge dans le cadre de groupe d’échange ou de parole » apparait comme un outil majeur.

Dans son projet de service l’EMPP a fait le choix de mettre l’accent sur le travail de groupe pour mener à bien ses missions de prévention, d’accès au soin et de promotion de la santé mentale en utilisant des outils innovants et opérationnels qui ont fait leur preuve ici et hors de nos frontières. Parmi eux, la Thérapie Communautaire Systémique et Intégrative qui nous vient du Brésil.

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Le transfert en Europe de ce modèle d’intervention sociale collective présente un intérêt certain dans les domaines de la lutte contre l’isolement, la désinsertion sociale, les violences civiques, la précarisation, la souffrance psychique et sociale.

La thérapie Communautaire prend donc place au sein des pratiques de santé mentale et de travail social citoyen. Au cœur d’espaces collectifs, elle intègre et valorise la diversité des cultures, des savoir-faire et des compétences pour que chacun se sente à la fois sujet et acteur de sa vie et de la société.

Cette intervention propose avant tout un regard autre sur les situations de pauvreté, d’isolement et d’exclusion pour appréhender différemment les problèmes psychosociaux et les moyens à mettre en œuvre pour lutter contre.

I LA TCIS

HISTORIQUE.

La Thérapie Communautaire est née il y a un peu plus de 25 ans au Brésil, dans une favela de Fortaleza, de la rencontre d’un psychiatre et d’une population en grande souffrance économique et psychique.

En 1987, dans le Département de Santé Communautaire de la Faculté de Médecine de l’Université Fédérale du Ceará, le Pr. Adalberto Barreto, ethnologue, anthropologue et psychiatre brésilien, a créé cet outil et développé cette pratique. Cette expérience a suscité beaucoup d’intérêt dans le milieu sanitaire et social ainsi qu’auprès des autorités. De fait, la formation en TCIS fait désormais partie intégrante de la politique publique du Ministère de la Santé du Brésil. Actuellement, il existe au Brésil 36 centres de formation. Plusieurs milliers de thérapeutes communautaires ont été formés (agents de santé publique, travailleurs sociaux, psychologues, médecins…).

En s’appuyant sur cette longue expérience, le Pr. Barreto montre combien la valorisation des personnes est un atout majeur dans l’accompagnement social, sanitaire et éducatif.

Cette création et pratique brésilienne a suscité un intérêt certain en Europe depuis une dizaine d’années.

Actuellement plus de 300 personnes ont été formées et une quarantaine de groupes fonctionnent en France et en Suisse, dans le champ du travail social et de la santé.

QU’EST-CE QUE LA T.C.I.S ?

Thérapie : du grec θεραπεία = accueillir, être chaleureux, être attentif, servir.

Communautaire : Commun + unité. Personnes qui ont quelque chose en commun:

souffrance, abandon, exlcusion, quête de solutions, soutien et désir de surmonter les difficultés.

Intégrative : concerne tant la lutte contre l’isolement et l’exclusion que la prise en compte et la valorisation de la diversité des cultures, des savoir-faire et des compétences. La culture populaire est vue comme une valeur et comme un recours qui nous permet d’additionner et de multiplier nos potentiels de croissance et nos capacités à

résoudre nos problèmes sociaux. Très concrètement, au sein de la séance, chansons, poèmes, musique, danse, proverbes, etc… amenés par les participants, enrichissent la thérapie par la diversité des codes d’expression.

Systémique : prise en compte des difficultés en relation avec le contexte et les interactions sociales. Les individus ne sont pas vus comme isolés mais comme membres d’un réseau relationnel, capables d’autorégulation, de progression, de croissance.

C’est le groupe qui accueille, soutient et dégage les solutions.

Il s’agit d’un espace d’écoute, de paroles et de liens, fonctionnant selon des règles précises qui, en prenant comme point de départ une “situation-problème”, permet de dégager un ensemble de solutions à partir de l’échange d’expériences vécues, dans un climat de tolérance et de liberté, protégé de toute projection et de tout désir d’influence.

Elle est basée sur trois présupposés fondamentaux:

- Les difficultés individuelles sont à appréhender dans un contexte : aucun individu n’est isolé, il appartient à un réseau relationnel.

- "Même si elle l’ignore, toute personne possède en elle des ressources et des savoirs tirés de son vécu et utiles aux autres, quelles que soient ses conditions sociales et économiques, sa culture, sa situation ou ses difficultés.

- Ces compétences lui viennent des épreuves qu’elle a traversées.

A QUI S’ADRESSE LA T.C.I.S ?

Elle s’adresse plus particulièrement mais non exclusivement, à une population marquée par les problèmes de précarité, d’insécurité et de perte d’estime de soi, d’abandon institutionnel, à des individus sans lien d’appartenance.

DE QUOI PARLE-T’ON ?

Des petits grains de sables ou des cailloux dans les chaussures qui nous empêchent d’avancer. Ce qu’il est important de savoir c’est qu’il s’agit d’un partage d’expériences, de savoirs, de compétences propres. On ne parle que de soi et donc avec le « je ».

SES CONCEPTS

La thérapie communautaire est envisagée comme une action citoyenne, un espace de rencontres de personnes venant d’horizons différents (géographique, culturel, religieux, social…), un espace ouvert à tous et gratuit: “Vient qui veut, quand il veut”. Pour résoudre les problèmes, chacun partage son savoir, sa compétence dans des échanges résolument horizontaux et circulaires.

Elle s’organise autour de 5 axes théoriques

  1. La pensée systémique

  2. La théorie de la communication

  3. L’anthropologie culturelle

  4. La pédagogie de Paulo Freire

  5. La résilience

SES PRINCIPES

Dans la thérapie communautaire, la parole est un remède pour celui qui parle comme pour celui qui écoute. La parole devient constructive. C’est le partage des expériences de vie entre les participants qui montre les issues possibles et permet à la communauté de trouver en elle-même les solutions à des problèmes, qu’isolément la personne, la famille et les services publics n’ont pas été en mesure de trouver. Sa méthodologie rend possible une aide dans des espaces publics, en stimulant le groupe, en utilisant sa créativité pour construire une vie plus digne et citoyenne, en rassemblant les acteurs les plus divers dans une pratique d’action conjointe et complémentaire.

La thérapie communautaire est une approche centrée sur les solutions partagées et non sur les problèmes.

La cible de l’intervention c’est la souffrance, jamais la pathologie. On ne cherche pas à identifier les faiblesses et les manques par lesquels l’autre deviendrait l’objet de notre intervention et resterait passif.

Les autres sont des partenaires actifs : Au-delà de leurs souffrances, c’est la recherche de solutions et la volonté de résoudre leurs difficultés qui réunissent les personnes.

Le travail de groupe est privilégié, il fonctionne comme un « bouclier protecteur » pour les personnes les plus vulnérables.

La philosophie d’intervention permet un « changement de lunette » en allant :

DE → VERS

« SAUVEUR DE L’HUMANITE » → SOLUTIONS PARTICIPATIVES

CARENCES / DEFICIENCES → COMPETENCES / POTENTIALITES

UNITAIRE ( TECHNIQUE) → LE GROUPE

CONCENTRATION DE L’INFO → CIRCULATION DE L’INFO

L’AUTRE EST UN OBJET PASSIF → L’AUTRE EST UN PARTENAIRE ACTIF

LA SOLUTION VIENT DE L’EXTERIEUR→ LA SOLUTION VIENT DE L’INTERIEUR

GENERE LA DEPENDANCE → SUSCITE LA CO-RESPONSABILITÉ

NE PAS CROIRE EN L’AUTRE → CROIRE DANS LES COMPETENCES

DE L’AUTRE

CLIENTELISME → CITOYENNETÉ

SES OBJECTIFS

La Thérapie Communautaire se base sur un modèle co-participatif qui favorise la circulation de l’information, suscite la co-responsabilité et fait émerger les innovations et auto-solutions. Chacun cherche à changer lui-même et non l’autre. Il y a reconnaissance et valorisation par le groupe des compétences individuelles et des ressources culturelles

La thérapie communautaire vise à :

- Renforcer la dynamique interne de chaque personne pour que chacun puisse découvrir ses valeurs, potentialités et devenir plus autonome en retrouvant l’estime de soi.

- Promouvoir la construction de réseaux de solidarité en mobilisant les ressources et les compétences des individus, des familles et des communautés considérées comme les points de levier pour l’amélioration de la qualité de vie.

- Restaurer et renforcer les liens sociaux pour combattre les situations de désintégration des individus et des familles. Le groupe devient un agent d’agrégation dans le processus d’insertion sociale et permet d’offrir un réseau d’appui et d’accueil. Cette construction de liens solidaires et de la citoyenneté se prolonge au-delà du temps de la séance : les gens discutent, partagent, échangent des idées, tissent des liens…

-Rendre possible la communication entre les différentes formes de savoirs (savoir populaire, scientifique, politique…) en les décloisonnant. Elle rompt ainsi avec le modèle qui privilégie la concentration de l’information entre les mains des techniciens et spécialistes et permet la circulation de l’information en reconnaissant les compétences individuelles. L’information vient du groupe, circule à l’intérieur de celui-ci et permet l’émergence de solutions participatives.

- Stimuler la participation comme élément essentiel pour dynamiser les relations sociales, en promouvant la conscientisation et en incitant le groupe, à travers le dialogue et la réflexion, à prendre des initiatives et à

devenir l’agent de sa propre transformation.

- Offrir une perspective de prévention en matière de santé mentale (en contribuant notamment à favoriser l’estime de soi) au sein d’espaces collectifs pour éviter d’avoir plus tard à combattre les pathologies de personnes accueillies individuellement.

- Faciliter l’orientation des personnes vers le réseau de soin.

SON IMPACT

En 25 ans, la Thérapie Communautaire a démontré qu’elle est un instrument précieux d’intervention psychosociale au niveau de la santé publique et un outil de prévention des souffrances psychiques et sociales, mais également :

- un espace d’accueil, d’expression libre et d’écoute des souffrances au niveau des soins primaires préventifs qui permet de mieux orienter les demandes vers le réseau de soins ;

- un réseau d’appui et d’accueil pour les personnes en difficulté, mais aussi pour les familles, les usagers quels qu’ils soient.

La thérapie Communautaire est un levier qui favorise donc la promotion de la santé des individus en interaction avec leur environnement dans une perspective de développement social.

CONCLUSION

Au-delà d’une simple technique, d’un simple outil, la Thérapie Communautaire se révèle être une philosophie qui s’inscrit dans une démarche participative et citoyenne et dans une approche collective des problèmes psychosociaux. Elle se propose d’être un instrument du renforcement des relations humaines.

La Thérapie Communautaire n’a ni la prétention d’être une panacée ni celle de se substituer aux modalités de soins existantes. Elle se situe en complémentarité et non en compétition avec elles. Elle est un point de contact entre l’action sociale et le soin.

La séance de Thérapie Communautaire peut être réalisée quel que soit le nombre de personnes et quelles que soient leurs difficultés. En effet, elle peut trouver sa place dans de nombreux contextes : précarité, soutien à la parentalité, troubles psychiques, violences conjugales, conduites addictives, solitude des personnes âgées, des personnes malades, quartiers, milieu scolaire…

En Europe, un réseau grandissant applique ce modèle en l’adaptant à différents contextes d’intervention.

Les champs d’application et les lieux où se pratique la Thérapie Communautaire sont multiples : CHRS, centres d’accueil d’urgence, centres médico-sociaux, institutions et associations médico-sociales, centres hospitaliers, instituts de formation en travail social et en soins infirmiers, maisons de quartiers, milieux éducatifs…

La thérapie communautaire ne se définit pas comme un processus psychothérapeutique mais plutôt comme un acte thérapeutique. Il s’agit d’une pratique simple –mais pas simpliste- qui demande une formation. Les séances sont donc animées par des personnes qui ont reçu la formation adéquate. L’AETCI-A4V* encadre les formations à cette pratique et démarche en collaboration avec l’IFTS* et HETS*.

II HISTORIQUE DU PROJET UFO- PASTEUR

Suite à un article dans la revue « Place Publique » sur le travail de l’Equipe Mobile Psychiatrie Précarité auprès des populations précaires, Sophie Ricard de l’Université Foraine a contacté l’équipe afin d’organiser un partenariat sur un projet commun de promotion de la santé.

En effet l’accès au soin, la prévention et la promotion de la santé étant au cœur des préoccupations de l’EMPP et de l’UFO. Le lieu, le bâtiment Pasteur nous est apparu comme un lieu tout à fait propice pour la mise en place de cette pratique innovante en Bretagne, la thérapie communautaire intégrative, pratique dans laquelle l’équipe s’est formée et commence à avoir une expérience.

C’est à la fois la géographie du lieu et sa symbolique grâce au travail effectué par l’UFO qui nous ont engagés dans ce projet.

  • La géographie tout d’abord : le bâtiment se trouve au coeur de la ville, connu de tous, accessible et offrant suffisamment d’espace pour ce genre de travail de groupe qui peut réunir beaucoup de monde.

  • La symbolique qui s’est développé autour de ce lieu a revêtu une importance encore plus significative : il s’agit d’un lieu neutre sans connotation de soin psychiatrique ou d’aide social. Il s’agit aussi d’un lieu ou se sont développé des pratiques citoyennes innovantes attractives pour de nombreuses personnes qui ne voudraient pas se sentir stigmatisées comme « psy » ou « cas sociaux » mais qui accepteraient l’offre d’aide et de soutien pour retrouver leur pleine citoyenneté par différents outils qui redonnent les moyens d’agir par soi même, retrouver la confiance en soi et développer son autonomie dans des pratiques d’entre-aide, dans un environnement plus vaste de pratiques culturelles et de citoyenneté.

Afin de faire mieux faire comprendre aux différents partenaires l’intérêt de la TCIS deux séances participatives ont alors été organisées dans le lieu même en mai et juin 2014.

L’expérimentation par soi même ayant une plus grande valeur de compréhension que tout discours explicatif, chacun des participants a pu saisir par ce qu’il a lui-même expérimenté toute la valeur de cette pratique.

A la suite des « séances de démonstration » il a ensuite été envisagé de passer à la pratique concrète dès 2015 en constituant un groupe de personnes en grande vulnérabilité psychosociale suivis par le CCAS Klébert volontaires pour cette aventure.

La suspension du projet d’Université Foraine en novembre a eu pour conséquence de mettre en attente le partenariat EMPP/UFO et le projet TCIS

III Projet d’un groupe de thérapie communautaire dans la ville de Rennes.

Pour qu’un tel groupe puisse fonctionner, il est nécessaire que le plus grand nombre de partenaires soit impliqué, et que, notamment, le projet soit porté par les responsables territoriaux.

Les locaux rue Pasteur constituent un atout majeur pour animer un groupe de TCIS

En effet, ils ne sont pas « marqués » précarité, social ou soin, donc stigmatisant. Ils se situent au centre de la ville, s’inscrivent dans son histoire et son esthétique. Ils sont ouverts sur l’extérieur. Ils correspondent non seulement à la philosophie qui sous-tend la thérapie communautaire mais en plus, ils la favorisent.

L’UFO de son côté s’est intéressé au bien être des citoyens sous toutes ses formes. Elle a initié les rencontres, échanges et a croisé les compétences de chacun, permettant une connaissance et reconnaissance de l’existant et des ressources sur le territoire. Elle a rendu possible la co-construction de projets avec la mise en commun des potentiels. Les buts et le fonctionnement de l’UFO sont en corrélation avec l’un des objectifs de la thérapie communautaire qui est de créer du lien social et d’aider les personnes à se réinscrire dans leur citoyenneté.

L’EMPP quant à elles est devenue au fil du temps un acteur primordial de la cité dans la prise en charge des besoins en santé mentale des personnes en situations de précarité et d’exclusion en appuyant notamment sur le riche réseau partenarial tissé sur le territoire.

La ville de Rennes en tant que propriétaire des lieux, et instigatrice du conseil communal de la santé mentale est le partenaire indispensable pour que le projet puisse être mené à bien

*AETCI : Association Européenne de Thérapie Communnautaire

*IFTS : Institut de Formation des Travailleurs Sociaux

*HETS : Haute Ecole de Travail Social de Genève.

La Thérapie Communautaire reprend - Atelier mardi 27 juin à partir de 10h
La Thérapie Communautaire reprend - Atelier mardi 27 juin à partir de 10h

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