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Journée d'étude "Être Public: du pouvoir coercitif aux pratiques collaboratives

encadrée par Université Rennes 2

Lundi 7 novembre, de 9h à 12h Plénière Rennes 2, à partir de 15h30 à l'Hôtel Pasteur

L'Hôtel Pasteur accueillera dans le cadre de la Journée d'étude "Être Public: du pouvoir coercitif aux pratiques collaboratives", le lundi 7 novembre à partir de 15h30, deux tables rondes intitulées "Faire Avec" et "Occuper l'espace".

 

L’essor des nouvelles technologies a considérablement modifié les manières d’être public. L’appareil électronique, multi-situé, nous accompagne à chaque instant, écouteurs à l’oreille. Cette ubiquité constitue un nouveau type de relations sociales, dont les véritables échanges se produisent le plus souvent en dépit des corps qui partagent le même espace. L’esprit occupé ailleurs, la nécessité de s’orienter spatialement se réduit souvent à une pure visibilité dans laquelle l’autrui est réduit à une image : un obstacle à contourner qui se juge, quasi instantanément, à son allure, sa présence. Le citoyen contemporain garde la réserve qui, loin d’être une simple indifférence, se détache de plus en plus de l’être-là, disponible, laissant place à l’ubiquité technologique et à l’hypervisibilité qui nourrissent les réseaux sociaux de manière quasi immédiate. Cette hypervisibilité, plus que communiquer, produit un véritable autocontrôle permanent, qui renforce, à distance, la mise en scène de soi dans la vie quotidienne (Goffman, 1952). Cette réduction de l’interaction publique à la seule vue fragmente un peu plus l’espace public et réclame de s’interroger sur la différence de jugement qui réside entre l’oeil et la parole échangée (Sennett, 1990). Or, la création des nouveaux réseaux n’empêche pas la rencontre, bien que celle-ci ne soit plus nécessairement située. L’ubiquité expose le désir d’être à plusieurs endroits en même temps qui met en jeu des efforts de synchronisation (Beaude, 2012). L’interdépendance entre l’occupation réelle et physique d’un espace et la communication instantanée à distance s’est vérifiée lors des mouvements citoyens, des « révolutions arabes » à l’Occupy Wall Street. C’est pourquoi être public renvoie toujours aussi à partager l’espace, à occuper l’espace, à dire l’espace à plusieurs.
Si être public signifie, dans son acceptation la plus profonde, de vivre dans une association avec d’autres, quel avenir peut-on prédire pour la cité face à ces modifications profondes des modes de rencontre et de communication ? Quel est le sort du politique lorsque la parole se retire, laissant place à des commentaires aussi hâtifs que l’image instantanée ? L’espace public peut-il résister à cette fragmentation de la présence, de l’attention et de l’information et produire, autrement, un « géographique particulier » ? Portant l’attention à l’inscription dans l’espace des corps et des discours, aux nouveaux lieux de la construction de communs et à la réinvention des usages, la journée souhaite croiser les cultures, les terrains et les expériences pour comprendre la diversité des formes d’être public qui existent et coexistent aujourd’hui.
 

Responsables scientifiques : Hélène Bailleul, Marion Hohlfeldt et Bleuwenn Lechaux
Partenaires : Lise Lerichomme, ACCRA, université Strasbourg, et Sophie Ricard, Hôtel Pasteur

Journée d'étude "Être Public: du pouvoir coercitif aux pratiques collaboratives" - Lundi 7 novembre, à partir de 9h

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